C’est le grand fardeau de sa carrière, et sans doute de sa vie : s’appeler Zidane. Luca Zidane, actuel gardien de but, s’est confié à plusieurs reprises sur ce statut de « fils de » qui lui colle à la peau, rejetant fermement l’idée qu’il soit pistonné dans le milieu du football professionnel.
Pour lui, porter ce nom a d’ailleurs souvent été un frein et un vecteur de préjugés plutôt qu’un accélérateur de carrière.
Sa défense : « On parle de moi pour mon nom, pas pour mes performances »
Dans ses différentes prises de parole (notamment lors d’interviews marquantes accordées à L’Équipe ou à des médias espagnols), Luca Zidane a toujours tenu à remettre les pendules à l’heure. Sa défense s’articule autour de trois arguments principaux :
1. Le mérite par le travail
« Depuis que je suis petit, on pense que je suis là parce que je suis le fils de Zinédine Zidane. Mais j’ai bossé dur pour en arriver là. Dans le football, si tu n’es pas bon, tu ne joues pas, peu importe ton nom. »
Luca rappelle souvent que le football professionnel est un milieu ultra-concurrentiel où les présidents et les entraîneurs jouent leur place. Aucun coach ne prendrait le risque d’aligner un gardien de but non performant simplement pour faire plaisir à son père.
2. Le poste de gardien : Le moins « pistonnable » du football
C’est son argument le plus pragmatique. Contrairement à un joueur de champ qui peut parfois se fondre dans un collectif ou masquer une méforme, le gardien de but est exposé à 100 %.
Si Luca fait une erreur, elle se paie cash et se voit immédiatement. À ce poste, le piston ne dure pas plus d’un match si le niveau n’est pas là.
3. Une carrière construite dans l’ombre et la difficulté
Pour prouver sa légitimité, Luca Zidane a choisi de quitter le cocon du Real Madrid (où son père l’avait fait débuter en équipe première) pour aller chercher du temps de jeu dans des clubs moins huppés et dans les divisions inférieures espagnoles (Racing Santander, Rayo Vallecano, Eibar, Grenade).
Il a connu les bancs de touche, les relégations, les montées et les matches rudes de la deuxième division espagnole. Pour lui, ce parcours de combattant est la preuve ultime qu’on ne lui a rien donné.
Alors, pistonné ou victime de son nom ?
Dans le monde du football, les avis sont souvent partagés, mais les faits penchent plutôt du côté du joueur :
Le revers de la médaille : S’il est indéniable que faire sa formation au Real Madrid a été facilité par le statut de son père, la suite de sa carrière prouve qu’il a le niveau professionnel. Il a disputé des dizaines de matchs de haut niveau, a été international français dans les catégories de jeunes (champion d’Europe U17 en 2015 en étant décisif) et s’est installé comme un gardien solide de Liga et de Segunda División.
Le poids des réseaux sociaux : À la moindre boulette (comme celle qu’il a pu commettre au Real Madrid à ses débuts), les critiques l’attaquaient immédiatement sur son nom, là où un autre jeune gardien aurait bénéficié de l’indulgence due à son inexpérience.
En résumé : Luca Zidane ne nie pas que son nom lui a ouvert les portes des meilleures infrastructures du monde étant jeune, mais il refuse qu’on lui retire le mérite de sa carrière professionnelle actuelle. Pour lui, chaque clean-sheet et chaque parade sont gagnés à la sueur de son front, et non grâce au palmarès de son père.








