Alors que le divorce entre la FAF et Vladimir Petković semble inéluctable après le traumatisme de l’élimination face à la Suisse, le débat sur sa succession est déjà lancé. Deux profils radicalement différents se détachent : le très expérimenté Hervé Renard et le tacticien montant Éric Chelle.
Chacun possède des arguments de poids et des zones d’ombre pour un poste aussi exposé que celui de sélectionneur des Fennecs.
- Hervé Renard : Le choix de la garantie et du charisme
Hervé Renard est le fantasme absolu de nombreux supporters algériens depuis des années, et son nom revient avec insistance chaque fois que le banc des Verts vacille.
- Les points forts :
- L’ADN africain : Double vainqueur de la CAN (avec la Zambie en 2012 et la Côte d’Ivoire en 2015), il connaît le football africain et ses spécificités géopolitiques sur le bout des doigts.
- Le management psychologique : Renard est un leader d’hommes hors pair. Dans un vestiaire algérien meurtri, en pleine reconstruction et parfois difficile à canaliser, son autorité naturelle et sa capacité à sublimer ses joueurs seraient des atouts majeurs.
- L’expérience des grands rendez-vous : Il sait qualifier et faire briller des équipes de second plan en Coupe du Monde (à l’image de la victoire historique de l’Arabie Saoudite contre l’Argentine en 2022).
- Les points faibles :
- Les exigences financières : Son salaire est traditionnellement très élevé, ce qui pèserait lourd pour la FAF, surtout après avoir dû verser des indemnités de départ à Petković.
- Un style parfois rigide : Son jeu est avant tout basé sur l’impact physique, le bloc compact et la transition rapide. Cela pourrait heurter la culture du « beau jeu » et de la créativité technique historiquement ancrée en Algérie.
- Éric Chelle : Le choix de la modernité et du renouveau tactique
Libre depuis son départ de la sélection du Mali (qu’il a menée en quarts de finale de la CAN 2023), Éric Chelle représente la nouvelle génération des techniciens franco-africains.
- Les points forts :
- La modernité tactique : Au Mali, Chelle a impressionné par la qualité du jeu proposé. Son équipe était rigoureuse, adepte du jeu de position, excellente dans l’utilisation du ballon et très séduisante offensivement. Un style qui collerait parfaitement aux qualités des jeunes techniciens algériens (Maza, Bouanani, Hadj Moussa).
- La connaissance des binationaux : Ayant grandi en France et dirigé une sélection africaine majeure, il maîtrise parfaitement la gestion des joueurs évoluant en Europe et le processus d’intégration en équipe nationale.
- L’accessibilité financière et l’ambition : Moins gourmand financièrement que Renard, il viendrait avec la dalle d’un jeune coach déterminé à installer l’Algérie au sommet de l’Afrique.
- Les points faibles :
- Le manque de vécu sous haute pression : Diriger l’Algérie et faire face à l’environnement volcanique des médias et des supporters locaux est un tout autre défi que de diriger le Mali. Son expérience au très haut niveau international reste encore limitée.
- Un profil moins « protecteur » : Face à une crise interne ou une transition générationnelle brutale (départ des cadres comme Mahrez), il n’a pas encore l’aura politique de Renard pour servir de paratonnerre auprès des joueurs.
Le verdict : Quel est le meilleur choix ?
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Critères |
🇫🇷 Hervé Renard |
🇲🇱 Éric Chelle |
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Expérience en Afrique |
⭐⭐⭐⭐⭐ (Légende) |
⭐⭐⭐ (Très prometteur) |
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Identité de jeu |
Physique / Transition |
Possession / Animation |
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Gestion de la pression |
Expert |
À prouver à ce niveau |
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Coût financier |
Très élevé |
Abordable |
Le choix de la raison immédiate : Hervé Renard. Si la FAF cherche un électrochoc immédiat, un patron capable de remettre de l’ordre dans le vestiaire après l’épisode Petković-Mahrez, et d’assurer une transition sereine vers la CAN, Renard est le candidat idéal. Il offre une forme de « paix sociale » immédiate avec le public.
Le choix du projet d’avenir : Éric Chelle. Si la fédération souhaite acter une rupture totale avec le passé, construire un projet de jeu moderne sur 4 ans basé sur la jeune garde technique des Verts, Éric Chelle est une option extrêmement séduisante. C’est un pari sur l’avenir, plus risqué, mais potentiellement plus gratifiant sur le long terme.







