La nomination du Breton François Letexier pour arbitrer le huitième de finale entre l’Argentine et l’Égypte ce mardi ne se limite plus à une simple colère de supporters sur les réseaux sociaux. C’est désormais une véritable campagne de décryptage que mènent les plus grands médias de Buenos Aires, bien décidés à mettre une pression maximale sur le sifflet français.
Si aucune réclamation officielle n’a été déposée par l’AFA, les journaux locaux rivalisent d’ingéniosité pour dénicher les moindres griefs historiques impliquant l’arbitre de 37 ans.
Le cas Nicolás Tagliafico mis sur la table
Le célèbre canal sportif TyC Sports a fouillé l’historique récent de l’arbitre en Ligue 1. Faute de pouvoir analyser ses prestations avec la sélection Albiceleste — qu’il n’a jamais dirigée —, le média a mis en lumière un carton rouge distribué à l’un des cadres de la défense nationale :
« Son bilan récent n’est pas des plus brillants : fait curieux ? Bien qu’il n’ait jamais arbitré l’équipe nationale argentine, il a expulsé Nicolás Tagliafico en Ligue 1 le 22 mars, lors de la défaite 2-1 de l’Olympique Lyonnais à domicile contre Monaco. »
L’affaire Prestianni et la jurisprudence Olé
Plus marquant encore, les quotidiens La Nacion et Olé ont carrément déterré un passif européen. François Letexier était en effet au sifflet lors d’un match de Ligue des Champions opposant le Real Madrid au Benfica Lisbonne. Une rencontre au cours de laquelle ses décisions concernant le jeune attaquant argentin Gianluca Prestianni avaient provoqué un tollé général.
Selon Olé, les contestations nées de ce match spécifique ont fait jurisprudence, poussant la FIFA à adapter une règle désormais en vigueur dans le football mondial.
Un test mental d’envergure internationale
Au milieu de ce climat de profonde défiance où La Nacion s’étonne de voir la FIFA désigner un représentant de « l’un des plus grands rivaux de l’Argentine », le sérieux quotidien Clarin tente d’apporter un peu de nuance.
Pour le journal, si cette nomination exigera un sang-froid absolu de la part du Français, elle reste avant tout un gage d’expérience de la part des instances internationales. Reste à savoir si le Breton parviendra à faire abstraction de cette tempête médiatique pour délivrer une prestation digne de son rang.








