À quelques jours de la Coupe du monde 2026, l’Algérie entre dans la dernière ligne droite. Ce mercredi, les Verts affrontent les Pays-Bas de Ronald Koeman pour ce qui sera la première confrontation de l’histoire entre les deux sélections. Un rendez-vous amical sur le papier, mais beaucoup plus riche en enseignements dans les faits. À deux semaines du premier match du Mondial contre l’Argentine, ce test grandeur nature doit permettre à Vladimir Petkovic d’affiner ses choix sans forcément tout dévoiler.
Ancien international algérien, avec 31 sélections entre 1995 et 2004, Mounir Zeghdoud connaît bien ce genre de séquence. Aujourd’hui entraîneur de Ben Aknoun et considéré comme l’un des techniciens les plus intéressants du championnat algérien, il nous a accordé un entretien exclusif pour Africafoot.
Zeghdoud estime que cette rencontre arrive au bon moment :
Toutes les équipes nationales participantes au Mondial disputent des amicaux en ce moment. Tout le monde se teste et peaufine ses derniers réglages.
Pour Zeghdoud, Petkovic devrait profiter de cette affiche pour donner du temps de jeu à l’ossature appelée à débuter la Coupe du monde, même si quelques incertitudes physiques demeurent, notamment autour de Hicham Boudaoui et Ramy Bensebaïni.
L’objectif est clair : vérifier les dernières certitudes, lever un ou deux doutes éventuels et offrir du rythme aux joueurs. Mais l’ancien défenseur nuance aussitôt. Le sélectionneur devra aussi être malin, car une telle rencontre peut servir à tester sans ouvrir complètement le capot.
Ne pas tout montrer avant l’Argentine
C’est toute la subtilité de ce match. L’Algérie doit monter en puissance, mais sans livrer toutes ses intentions à ses futurs adversaires, selon Zeghdoud :
Sauf s’il veut cacher ses cartes ou brouiller les pistes afin d’avoir un effet de surprise en Coupe du monde.
Dans son esprit, Petkovic devra trouver le bon équilibre entre l’évaluation de la forme de ses joueurs, les automatismes collectifs et la nécessité de préserver certaines options tactiques.
Le choix des Pays-Bas n’a rien d’anodin. Face à une sélection réputée pour son école, sa structure et sa qualité technique, les Verts auront une idée plus précise de ce qui les attend au Mondial, affirme Zeghdoud :
On va affronter l’Argentine, championne du monde en titre, donc autant se mettre dans le bain dès maintenant.
Ce type d’opposition permet de travailler sous pression, de mesurer les distances entre les lignes et de voir comment l’équipe réagit face à un adversaire capable de confisquer le ballon.
L’Albiceleste déjà dans toutes les têtes
Pour autant, le match contre les Pays-Bas ne doit pas devenir une fin en soi. Le vrai rendez-vous reste celui face à l’Argentine. Zeghdoud veut croire à une entrée en matière ambitieuse :
Ce serait bien de faire un résultat. Même si c’est une très bonne équipe, qui va défendre son titre, il faut y croire et jouer à fond.
Il cite l’exemple de l’Arabie saoudite lors du dernier Mondial, preuve qu’un favori peut être surpris dès son entrée en lice.
L’Algérie cherchera donc plusieurs choses à la fois : se rassurer, éviter les blessures, donner du rythme à ses cadres, offrir des réponses au staff et garder une part de mystère. La performance comptera, bien sûr, mais elle ne dira pas tout. À ce stade, il ne s’agit plus seulement de gagner un match amical. Il s’agit d’arriver au Mondial avec des jambes, des idées claires et cette confiance discrète qui peut parfois peser lourd au moment où commence le vrai tournoi.








