Le soulagement est à la hauteur de la folie du scénario. Quelques heures après le nul d’anthologie décroché au Arrowhead Stadium de Kansas City (3-3), les réactions des protagonistes convergent toutes vers le même constat : la pureté sportive et le spectacle ont totalement balayé les doutes d’un arrangement. Face aux suspicions légitimes liées aux fantômes de Gijón 1982, l’Algérie et l’Autriche ont répondu de la plus belle des manières, sur le terrain.
Vladimir Petković : « C’est le football qui a triomphé »
Pour le sélectionneur des Verts, ce score fleuve est la meilleure preuve de la bonne foi des deux équipes. Alors que les Fennecs terminent parmi les meilleurs troisièmes et s’apprêtent à défier la Suisse ce vendredi à Vancouver (05h00 heure algérienne), le technicien helveto-bosnien a tenu à défendre l’intégrité de ses troupes :
« Je suis extrêmement heureux car à l’arrivée, c’est le football qui a triomphé. Ce score de 3-3 parle de lui-même. Nous avions la volonté de battre l’Autriche et elle s’est manifestée sur le terrain. Je suis fier de mes joueurs, qui ont tout donné pour essayer de l’emporter. Les dernières minutes étaient compliquées mentalement, il ne fallait pas faire d’erreur car on jouait notre qualification. »
Un soulagement partagé par le milieu de terrain Houssem Aouar, passeur décisif pour Riyad Mahrez au cours de la rencontre, qui a reconnu que le groupe était passé par un ascenseur émotionnel particulièrement éprouvant sur la fin.
Ralf Rangnick : « Personne n’aurait pu prédire ce match »
En face, le sélectionneur de l’Autriche, Ralf Rangnick, s’est montré tout aussi catégorique. Connu pour son exigence tactique, le technicien autrichien est apparu presque incrédule face à l’irrationalité des dernières minutes, tout en envoyant une pique subtile aux autres équipes attentistes du tournoi :
« Je suis entraîneur depuis une quarantaine d’années. Je ne me souviens pas d’un match aussi mouvementé, avec une issue aussi inattendue. Personne n’aurait pu prédire ce 3-3, ou alors cette personne a gagné un incroyable pari. Même Alfred Hitchcock n’y aurait pas pensé pour un de ses films ! Certains matchs nuls 0-0, comme celui entre l’Australie et le Paraguay, sont différents. Mais lors de notre rencontre, l’émotion était palpable. »
Si les supporters ont pu tiquer sur de courtes séquences de passes à dix après la pause fraîcheur, le coup de génie de Mahrez à la 93e minute — qui éliminait temporairement l’Autriche — suivi du coup de casque salvateur de Saša Kalajdžić à la 96e minute ont définitivement prouvé qu’aucune des deux nations ne jouait avec un scénario écrit à l’avance.
L’Autriche hérite désormais d’un seizième de finale XXL face à l’Espagne, ce jeudi à Los Angeles. L’Algérie, de son côté, peut savourer : son honneur est sauf, et son Mondial continue.








