La pression monte d’un cran à trois jours du 16e de finale explosif de la Coupe du monde 2026 entre l’Algérie et la Suisse, prévu vendredi à Vancouver. Pour analyser cette affiche, Africafoot a interrogé une icône absolue de la Nati : Stéphane Chapuisat (103 sélections, vainqueur de la Ligue des Champions avec Dortmund).
Et le moins que l’on puisse dire, c’est que l’ancien buteur helvétique aborde ce rendez-vous avec un pragmatisme très froid, notamment concernant les grandes retrouvailles de Vladimir Petkovic avec la sélection qu’il a dirigée pendant sept ans.
« Les entraîneurs ne jouent pas, ce sont les joueurs les acteurs »
Alors que de nombreux observateurs algériens voient en la présence de Petkovic un avantage stratégique colossal pour décoder le football suisse, Chapuisat balaie fermement cette idée d’un revers de main :
« De nos jours, un entraîneur n’a plus besoin de connaître personnellement un adversaire pour être informé. Avec les analyses vidéo, tout le monde sait tout sur tout le monde. Ce n’est pas Petkovic qui va jouer. Ce sont les joueurs qui sont les véritables acteurs sur le terrain. »
Pour lui, Murat Yakin (le sélectionneur suisse) n’aura pas à chambouler ses plans. Le match se décidera uniquement à la forme du jour et à la capacité de la Suisse à priver de ballons les créateurs algériens, à commencer par un Riyad Mahrez dont il se méfie grandement après son doublé face à l’Autriche.
Un match ouvert à 50-50, loin du plafond de verre
Souvent bloquée au début des phases finales, la Suisse n’a pas de complexe à nourrir selon Chapuisat. Sans manquer de respect aux Fennecs, il estime que cette affiche est une opportunité en or pour la Nati d’accéder aux huitièmes :
Un tirage abordable : « Sans vouloir dénigrer l’Algérie, ce n’est pas une grande nation européenne historique qui nous affronte, le genre d’équipes qui pouvaient nous bloquer par le passé. »
Pas besoin de miracle : Contrairement à d’anciennes confrontations face à des monstres mondiaux, l’ancien international estime qu’un « bon match » de la Suisse suffira pour passer, tout en concédant que l’Algérie aborde la rencontre exactement avec le même état d’esprit.
La fierté Jaouen Hadjam
Responsable du recrutement des Young Boys de Berne, Stéphane Chapuisat a profité de l’entretien pour glisser un mot très flatteur sur le latéral gauche des Verts, Jaouen Hadjam, un joueur qu’il a lui-même déniché :
« C’est moi qui l’ai fait venir. Il suit une très belle progression. Lorsqu’il était plus jeune, il prenait parfois trop de risques avec le ballon (…). Aujourd’hui, il a gommé cela de son jeu. Sur le plan offensif, il apporte énormément grâce à sa créativité. C’est un joueur très intéressant. »
Une déclaration qui prouve que si Chapuisat compte sur la fraîcheur de la jeunesse suisse (et notamment du jeune Manzambi) pour faire la différence, il sait parfaitement que le danger algérien peut venir de partout, y compris de visages très familiers du championnat helvétique.








