Le coup d’envoi de la Coupe du Monde 2026 à Houston devait sonner comme le début d’une tournée d’adieux triomphale pour Cristiano Ronaldo. Au lieu de cela, l’entrée en lice du Portugal s’est transformée en une profonde frustration collective, conclue par un match nul concédé face à la République Démocratique du Congo (1-1).
Alors que l’Argentine de Lionel Messi avait marqué les esprits quelques heures plus tôt avec un triplé retentissant face à l’Algérie (3-0), CR7 a offert le visage d’un champion prisonnier du temps. Pour le sélectionneur Roberto Martínez, l’urgence n’est plus seulement comptable, elle est tactique : comment aborder le choc face à l’Ouzbékistan sans paralyser l’équipe ?
Une entame idéale, puis la panne totale
Pourtant, la machine portugaise avait démarré sur les chapeaux de roues. Dès la 6e minute, le jeune milieu João Neves reprenait victorieusement de la tête un centre millimétré de Pedro Neto. Un départ parfait qui aurait dû libérer les Lusitaniens.
Mais le Portugal est retombé dans une léthargie coupable. Traitant la rencontre comme un simple entraînement, les hommes de Martínez ont fait tourner le ballon de manière stérile, baissant drastiquement l’intensité. Pour leur retour historique sur la scène mondiale après 52 ans d’absence, les Léopards de la RD Congo n’en demandaient pas tant. Juste avant la pause, Yoane Wissa s’élevait plus haut que tout le monde pour égaliser de la tête sur une offrande d’Arthur Masuaku (45e+2).
La stat accablante : La tête victorieuse de João Neves à la 6e minute est restée la seule et unique frappe cadrée du Portugal sur l’ensemble du match. Un bilan famélique face à un adversaire supposé plus faible sur le papier.
Le fantôme du Qatar plane sur CR7
Aligné durant l’intégralité des 90 minutes, Cristiano Ronaldo a traversé la rencontre comme un spectateur privilégié, bien trop excentré ou esseulé pour peser sur les débats. À 41 ans et 132 jours, il est officiellement devenu le joueur de champ le plus âgé à débuter un match dans l’histoire de la Coupe du Monde, mais sa performance en a malheureusement été le reflet fidèle.
Sa seule véritable opportunité, survenue à la 69e minute, s’est soldée par une tentative complètement dévissée. Multipliant les gestes d’agacement et affichant un langage corporel de plus en plus lourd, le capitaine portugais a ravivé les pires souvenirs du Mondial au Qatar en 2022, où son manque d’impact face à la Corée du Sud avait fini par acter son déclassement.
Quel onze pour défier l’Ouzbékistan ?
Alors que l’Ouzbékistan mène la danse dans ce Groupe K après sa victoire surprise contre la Colombie de Luis Díaz (3-1), Roberto Martínez fait face au plus grand défi de son mandat. Deux options s’offrent désormais au technicien espagnol :
Le choix du statut : Maintenir Ronaldo en pointe en espérant que l’orgueil du champion fasse la différence, au risque de conserver une attaque statique, prévisible et incapable de presser le bloc des Loups Blancs.
Le choix de la rupture : Redessiner son animation offensive en installant de la verticalité et de la vitesse (avec Gonçalo Ramos, Diogo Jota ou Rafael Leão), quitte à reléguer la légende vivante sur le banc de touche pour le bien du collectif.
Le Portugal n’a déjà plus le droit à l’erreur, et la décision de Martínez déterminera si la Seleção joue pour sa qualification ou pour le jubilé de sa star.








