Le miracle n’a pas eu lieu pour les Aigles de Carthage. Appelée à la rescousse en pleine Coupe du Monde pour endosser le costume de sauveur après le limogeage express de Sabri Lamouchi (consécutif à la claque 5-1 reçue contre la Suède), la méthode Hervé Renard s’est brutalement écrasée contre le mur du réalisme nippon.
Opposée au Japon pour la deuxième journée des phases de poules, la Tunisie a sombré une nouvelle fois en s’inclinant lourdement 4-0. Une deuxième déroute consécutive qui scelle officiellement l’élimination des Tunisiens de cette Coupe du Monde 2026 et plonge l’institution dans une crise historique.
Une humiliation historique en chiffres
Le traitement de choc imposé par la Fédération tunisienne de football n’a fait qu’accentuer les maux profonds d’une sélection totalement désunie. Les statistiques nées de cette soirée sont particulièrement sombres :
Le spectre de 1960 : En concédant au moins quatre buts lors de ses dernières sorties, la Tunisie égale une triste série noire datant de juillet-août 1960.
Hervé Renard dans l’histoire (malgré lui) : Le technicien français devient le premier sélectionneur de l’histoire des Aigles de Carthage à s’incliner par quatre buts d’écart pour son tout premier match sur le banc depuis le Serbe Milan Kristic en janvier 1960 (défaite 1-5 contre la Yougoslavie).
Défense passoire : Avec 9 buts encaissés en deux matches, la Tunisie est la deuxième nation africaine la plus perméable de l’histoire des phases poules d’un Mondial, juste derrière le Zaïre en 1974 (11 buts concédés).
À l’inverse, cette soirée restera mémorable pour le football asiatique : le Japon est devenu la toute première nation de son continent à remporter un match de Coupe du Monde avec un écart de quatre buts.
Les réactions après le séisme
Hervé Renard (Sélectionneur de la Tunisie, au micro de beIN SPORTS) :
« On ne peut pas se satisfaire d’un score comme celui-là. (…) On a été trop soft défensivement. Bien sûr qu’on est tombé sur une équipe largement supérieure à nous. Le score lourd du premier match et maintenant celui du deuxième, on sait qu’on est déjà éliminé. Il va falloir un peu de fierté pour jouer ce troisième match face aux Pays-Bas de la meilleure des façons. »
Ali Abdi (Défenseur de la Tunisie, en larmes à la télévision) :
« Je m’excuse auprès des supporters tunisiens (…). Nous n’avons pas le temps de travailler, on casse tout pour reconstruire à chaque fois au lieu de corriger les défauts. On vient jouer une Coupe du Monde avec des joueurs qui n’ont jamais joué ensemble. »
Hazem Mastouri (Attaquant de la Tunisie, en zone mixte) :
« Je n’ai rien à dire, le football tunisien doit être réformé de fond en comble. Depuis le stage de préparation à Tabarka, beaucoup de choses se sont mal passées. »
Un avenir flou et un troisième match pour l’honneur
Le storytelling de la FTF autour de l’arrivée d’Hervé Renard comme bâtisseur d’un projet d’avenir n’aura pas résisté 90 minutes à l’intensité du très haut niveau. Désormais éliminée, la Tunisie devra sauver ce qui lui reste d’honneur face aux puissants Pays-Bas lors de l’ultime journée.
Au-delà de ce Mondial américain, c’est l’avenir même d’Hervé Renard à la tête de la sélection qui s’inscrit déjà en pointillés, tant le chantier de reconstruction du football tunisien semble titanesque et miné par des guerres internes.








