L’anncien international algérien pointe du doigt les erreurs tactiques, le manque d’équilibre de l’équipe, mais reste profondément optimiste avant le match couperet face à la Jordanie, dans des propos fournis à Africafoot..
Quel est votre sentiment global après cette défaite inaugurale face à l’Argentine ?
Je suis forcément déçu par le résultat. C’était une désillusion, car au vu de la préparation, nous pensions réellement avoir les moyens de faire un résultat. Le sélectionneur nous avait montré une grande maîtrise technico-tactique lors des matchs de préparation, avec une belle variation dans les systèmes de jeu. Malheureusement, c’est quelque chose que nous n’avons pas du tout retrouvé en match officiel.
Pourtant, les failles de l’Argentine avaient été identifiées lors de leurs matchs amicaux…
Exactement. Leurs forces étaient très visibles : le jeu dans l’axe en profondeur, la variété des appels de leurs attaquants. Nous pensions logiquement que l’équipe allait mettre en place un système visant à densifier l’axe central, que ce soit défensivement ou au milieu de terrain. Cela n’a pas été fait. J’ai eu l’impression de voir une équipe qui disputait un match de Coupe du monde, face à une autre qui jouait une rencontre amicale. Nous avons manqué d’équilibre sur toutes nos lignes.
La responsabilité incombe-t-elle davantage au sélectionneur pour son plan de jeu, ou aux joueurs sur le terrain ?
Elle est partagée. Le coach s’est trompé dans la lecture de son équipe et dans son plan de jeu. Honnêtement, je ne m’attendais pas à ce qu’on joue de cette façon face à l’Argentine. On s’est enflammés. On ne peut pas faire jeu égal face aux champions du monde.
Regardez les Argentins : en deuxième mi-temps, malgré leur statut, ils n’ont pas eu honte de rester en bloc bas pour nous contrer, nous respectant au passage. De notre côté, nous aurions dû être beaucoup plus prudents, aligner trois défenseurs centraux (dans un 5-3-2 ou 5-4-1), fermer les espaces et faire durer le match.
Mais les joueurs ont aussi failli individuellement, notamment sur les buts encaissés…
Bien sûr. Les joueurs connaissent très bien l’adversaire et la puissance d’un Lionel Messi. Sur le premier but, le manque de communication est flagrant et l’action était évitable. Aïssa Mandi n’aurait jamais dû laisser Messi prendre de la vitesse et armer sa frappe. Face à des joueurs de cette envergure, la moindre erreur d’appréciation se paie cash.
Que pensez-vous de la prestation de Zidane, le gardien de but ? Est-ce qu’on doit lui incomber la responsabilité de ce revers ?
C’est un gardien qui a de la qualité, mais il souffre d’un vrai problème de régularité au très haut niveau. Il n’arrive pas à enchaîner les performances de haut vol. Si l’on regarde ce qu’il avait fait contre les Pays-Bas en préparation, c’est grâce à lui que nous avions maintenu l’équipe à flot. Mais face à l’Argentine, ses erreurs ont coûté cher.
Sur le plan offensif, l’équipe n’a cadré aucun tir. Est-ce un problème d’animation ou de rendement individuel ?
C’est la conséquence directe du plan de jeu. Si vous n’êtes pas équilibrés à la récupération et dans la transition, vos attaquants sont pénalisés. Mais il faut aussi revoir notre animation. Hadj Moussa, avec tout le respect que j’ai pour lui, a prouvé qu’il était un excellent joker capable de dynamiter une fin de match, mais dans un rôle de titulaire en Coupe du monde, c’est encore très compliqué.
Justement, comment aborder le match face à la Jordanie ? Faut-il revoir la composition de départ ?
Nous n’avons plus le droit à l’erreur. Nous sommes derniers de la poule avec un goal average défavorable. Il n’y a pas de calcul à faire : il faut gagner, peu importe le score. Pour cela, il faut revenir aux fondamentaux et aligner les joueurs qui correspondent le mieux à un plan de jeu cohérent. Personnellement, je ferais débuter Mohamed Amoura à la place de Gouiri, pour sa capacité à exploser en contre-attaque. Je réintégrerais également Zerrouki et Bentaleb au milieu pour retrouver de l’assise. Et bien sûr, il faut remettre Riyad Mahrez titulaire.
Malgré cette entame compliquée, restez-vous confiant pour la qualification ?
Je suis très optimiste. Pas seulement pour la suite de cette compétition, où l’on peut encore accrocher la qualification si l’on bat la Jordanie puis l’Autriche, mais aussi pour l’avenir de notre football. Certes, plusieurs cadres arrêteront après ce Mondial, mais nous possédons un vivier de jeunes talents d’un niveau individuel exceptionnel. L’avenir en Afrique appartient au football algérien, j’en suis convaincu.







