Le match nul décroché par le Maroc face au Brésil (1-1) lors de l’ouverture du Groupe C n’a pas seulement confirmé la solidité des Lions de l’Atlas ; il a agi comme le révélateur planétaire d’un talent hors norme. Pour ses grands débuts en Coupe du Monde, à seulement 18 ans et pour sa quatrième sélection, le milieu de terrain lillois Ayyoub Bouaddi a livré une prestation étourdissante qui a bluffé la planète football.
Parmi les observateurs conquis, son coéquipier au LOSC, Olivier Giroud, aujourd’hui consultant pour la BBC durant ce Mondial 2026, s’est montré particulièrement dithyrambique sur le plateau de la chaîne britannique.
« J’ai été impressionné par sa maturité. Il est très bien entouré. Sa tête est bien faite dans le sens où il est calme, il est confiant. Il reste toujours lui-même. C’est un cadeau de l’avoir dans son équipe. Je pense que le Maroc peut être vraiment très, très, très heureux de l’avoir. »
« Le mix de Vieira et Busquets »
Né à Senlis et formé à Lille — où il a débuté chez les professionnels à l’âge précoce de 16 ans et trois jours —, Bouaddi a fait toutes ses classes dans les équipes de jeunes de l’équipe de France (des U16 aux Espoirs). En mai dernier, la pépite a finalement choisi de revêtir la tunique du Maroc, tout en rappelant sa fierté à l’égard de sa double culture. Un renfort historique pour les demi-finalistes du Mondial 2022.
Face aux techniciens brésiliens, le jeune Dogue a régné sur l’entrejeu : 6 ballons récupérés, près de 90% de passes réussies et un flegme impressionnant sous la pression. Une partition qui pousse Giroud à des comparaisons flatteuses, tout en gardant les pieds sur terre :
L’œil de Giroud : « Je parlais de lui avec des amis et ils m’envoyaient des photos de Patrick Vieira et de Sergio Busquets en me disant qu’il était le mix des deux. Il n’est pas encore aussi bon techniquement que Busquets, mais il y a des ressemblances. Il a peut-être aussi un manque de puissance par rapport à Vieira. Mais son physique va évoluer, il va devenir plus fort. »
Le Real Madrid en ligne de mire ?
S’il ne tarit pas d’éloges sur son jeune partenaire de club, le champion du monde 2018 a tout de même pointé du doigt le dernier axe de progression du natif de l’Oise : la présence dans la zone de vérité.
« La seule chose qu’il doit améliorer, et il le sait parce qu’on l’a beaucoup taquiné à propos de ça cette saison dans l’équipe, c’est la finition. Il doit être plus agressif devant le but. S’il y arrive, il jouera au Real Madrid dès l’année prochaine. Laissons-lui et donnons-lui du temps. »
Un ticket de sortie à 70 millions d’euros ?
Forcément, une telle exposition sur la plus grande scène du monde attise les convoitises, et ce malgré une prolongation de contrat récente avec Lille jusqu’en 2029. Si le président du LOSC, Olivier Létang, a affirmé qu’il fermerait la porte à moins d’une offre astronomique, Giroud se montre beaucoup plus pragmatique sur les chances de voir le milieu de terrain rester dans le Nord la saison prochaine :
Une valeur marchande en plein vol : « Ça va être compliqué de le garder. Son transfert, ce sera au-dessus de 60 ou 70 millions d’euros. C’est le prix sur le marché maintenant. C’est un joueur complet, polyvalent. Il est partout, un peu comme N’Golo (Kanté). »
En attendant de faire sauter la banque des plus grands d’Europe, Ayyoub Bouaddi est attendu ce vendredi 19 juin au Gillette Stadium de Foxborough pour le choc du Groupe C face à l’Écosse. L’occasion idéale de confirmer qu’il est bien la nouvelle boussole des Lions de l’Atlas.








