Le coup de poker de Mohamed Ouahbi vient de figer le Maroc du football entre immense soulagement et immense pression tactique. En choisissant de conserver Abde Ezzalzouli dans sa liste des 26 malgré une entorse moyenne des ligaments du genou contractée face à la Norvège, le sélectionneur national prend une décision lourde de sens à quelques jours seulement du choc d’ouverture face au Brésil au MetLife Stadium.
Ce choix fort envoie un signal puissant au vestiaire tout en bousculant les plans initiaux pour la phase de poules.
Sur le plan médical et comptable, la situation reste pourtant complexe pour l’ailier du Betis Séville, dont la phase de groupes est d’ores et déjà compromise en raison d’une indisponibilité estimée à plusieurs semaines. En décidant de ne pas le remplacer numériquement, Ouahbi fait le pari de la continuité et de l’impact psychologique, misant tout sur une qualification pour les huitièmes de finale afin de récupérer son dynamiteur au moment où les matchs couperets débuteront. C’est une marque de confiance absolue envers un élément clé de son dispositif, mais c’est aussi un luxe qui prive le staff d’une solution de rotation immédiate sur le banc pour les trois premiers chocs.
Cette absence forcée va contraindre le sélectionneur à réorganiser son animation offensive pour affronter le Brésil, l’Écosse et Haïti. Si le couloir droit reste solidement verrouillé par le duo composé d’Achraf Hakimi et de Brahim Díaz, le flanc gauche va devoir trouver un nouveau patron à court terme pour compenser la percussion et l’agressivité d’Ezzalzouli. Des profils polyvalents comme Bilal El Khannouss, Ismael Saibari ou le jeune Chemsdine Talbi pourraient être amenés à s’excentrer pour maintenir l’équilibre créatif des Lions de l’Atlas.
Le message envoyé par Mohamed Ouahbi est limpide : la campagne nord-américaine du Maroc est pensée pour s’étirer sur la durée, forte des certitudes nées du titre mondial des moins de 20 ans glané au Chili. Les Lions de l’Atlas ont prouvé par le passé qu’ils disposaient des ressources mentales pour surmonter les blessures et souder leur collectif dans l’adversité. Le groupe sait désormais ce qu’il lui reste à faire pour offrir à Ezzalzouli le droit de fouler à son tour les pelouses de la Coupe du Monde d’ici la fin du mois de juin.








