Roger Milla ne peut pas aborder la Coupe du Monde comme un simple spectateur. La légende camerounaise, qui a disputé les éditions 1982, 1990 et 1994 et atteint les quarts de finale en Italie, sait parfaitement ce que représente pour l’Afrique de porter ses rêves sur la plus grande scène du football mondial. Dans une interview exclusive accordée à Africafoot, l’ancienne star a exprimé ses regrets quant à l’absence du Cameroun de l’édition 2026, suite à son échec en qualifications et à son élimination par la RD Congo en barrages. Il a toutefois insisté sur la nécessité de commencer dès maintenant à réfléchir à la construction d’une équipe capable de revenir pour le prochain tournoi.
Malgré la déception de l’absence des « Lions Indomptables », Milla n’aborde pas la compétition avec pessimisme quant aux chances du continent. Au contraire, il est convaincu que les équipes africaines participantes ont une réelle chance de sortir victorieuses de la phase de groupes, notamment grâce au nouveau système qui permet aux meilleures troisièmes de se qualifier. Pour lui, ce facteur représente un atout supplémentaire, mais cela ne change rien au fait que la Coupe du Monde reste une compétition difficile, et que chaque équipe y aborde la victoire avec une motivation et des ambitions tout aussi élevées.
Un tirage au sort difficile et un véritable test pour l’Afrique
Milla est conscient que le tirage au sort n’a pas été clément avec la plupart des représentants africains. Le Maroc affrontera le Brésil, le Sénégal, la France, la Côte d’Ivoire, l’Allemagne, le Cap-Vert, l’Espagne, la RD Congo, le Portugal, la Tunisie, les Pays-Bas, l’Égypte, la Belgique et le Ghana, l’Angleterre. Ce sont autant de matchs contre des équipes considérées comme favorites ou habituées à atteindre les phases finales. Cependant, il refuse de considérer ces rencontres comme une source d’inquiétude, car, selon lui, le football africain progresse d’année en année et a désormais le potentiel de rivaliser avec l’Europe et l’Amérique du Sud.
Quant au Maroc, demi-finaliste en 2022, Milla estime qu’il sera difficile de réitérer cette performance, car l’équipe a connu des changements et doit d’abord sortir d’un groupe difficile. Mais il n’exclut pas une qualification. Concernant le Cap-Vert, il estime que leur toute première participation à une Coupe du Monde pourrait être un atout, car ils joueront sans pression excessive. Ce type d’équipe est parfois capable de déjouer les pronostics.
Interrogé sur le favori pour le titre, Milla a choisi le Portugal, qu’il considère comme une équipe pratiquant un football attrayant et possédant des joueurs de très haut niveau, sans pour autant exclure la France, l’Espagne, l’Argentine, le Brésil ou l’Angleterre. Il laisse cependant la porte ouverte à une nouvelle surprise, peut-être africaine cette fois-ci. L’histoire montre que la Coupe du Monde ne favorise pas toujours les favoris. Parfois, une équipe venue de loin se révèle, comme le Cameroun en 1990 et le Maroc en 2022.








