L’ancien international marocain et entraîneur Faouzi Jamal a livré une lecture détaillée de la défaite des Lions de l’Atlas face aux Bleus pour Africafoot. Selon lui, plusieurs décisions ont perturbé l’équilibre collectif et contribué à l’élimination.
Les choix tactiques contestés
Repositionnement de Mazraoui : utilisé dans l’axe, il a perdu ses repères habituels de latéral, ce qui a fragilisé la défense.
Utilisation d’Anass Salah-Eddine : placé sur le couloir gauche face à Dembélé et Mbappé, un défi jugé trop lourd pour un jeune joueur.
Absence d’Ismaël Saibari : privant l’équipe d’un relais créatif entre le milieu et l’attaque.
Brahim Diaz en pointe : utilisé comme avant-centre, il a perdu sa liberté entre les lignes.
Sous-utilisation d’Ayoub El Kaabi : un profil de véritable attaquant de surface qui aurait pu peser davantage.
Les tops
Yassine Bounou : décisif, il a maintenu le Maroc dans le match grâce à ses arrêts. « Bounou a maintenu le Maroc dans le match. Sans ses arrêts, l’écart aurait pu être beaucoup plus important »
Bilal El Khannouss : personnalité et volonté de casser les lignes malgré le bloc français. « El Khannouss a montré de la personnalité. Il a essayé de proposer des solutions et de casser les lignes, même dans un contexte très compliqué. »
Les flops
Nayel El Aynaoui : combatif mais limité par le contexte collectif. « El Aynaoui a essayé de répondre dans les duels et dans le pressing. Il a montré de la maturité dans la récupération, mais le Maroc a souffert collectivement dans cette zone du terrain. Lorsque l’équipe manque de maîtrise avec le ballon, les milieux sont forcément davantage exposés. »
Azzedine Ounahi : qualité technique présente mais impact réduit face au pressing français. « Ounahi a essayé de conserver le ballon et de sortir de la pression grâce à sa qualité technique, mais il a été difficile pour lui d’exister face à un milieu français très agressif dans le pressing. »
Noussair Mazraoui : repositionné dans l’axe, en difficulté.
Ayyoub Bouaddi : gêné par l’intensité du milieu français. « Bouaddi a été confronté à un contexte très exigeant. Face à des milieux comme Rabiot et Koné, il fallait être capable de jouer très vite, de résister au pressing et de prendre les bonnes décisions dans les petits espaces.
«
Achraf Hakimi : contenu, sans espaces pour exprimer ses qualités offensives. « Hakimi reste un joueur exceptionnel, mais même les grands joueurs peuvent être limités lorsque le contexte collectif n’est pas favorable. Il a manqué d’espaces pour exprimer ses qualités offensives et il a dû gérer une forte pression défensive. »
La leçon de cette élimination
Faouzi Jamal conclut que le Maroc doit retenir cette expérience :
« Les grandes compétitions ne laissent pas beaucoup de place à l’improvisation. À ce niveau, chaque décision compte. »
Le Maroc a montré qu’il pouvait rivaliser avec les meilleures nations, mais pour franchir un nouveau palier, il lui faudra renforcer la profondeur de son effectif, varier ses solutions offensives et mieux gérer les scénarios de match.








