L’équipe nationale marocaine aborde la Coupe du Monde 2026 dans une position inédite. Il ne s’agit plus d’une performance honorable ni d’attendre un exploit passager, après que leur parcours lors de la Coupe du Monde au Qatar a transformé la perception mondiale des « Lions de l’Atlas » et du football africain en général. Dans une analyse publiée par l’édition française d’Africafoot, Badou Zaki, le légendaire gardien de but marocain et actuel sélectionneur de l’équipe nationale du Niger, estime que le Maroc a franchi un cap psychologique qui a longtemps limité les ambitions des équipes arabes et africaines.
Selon Zaki, les joueurs marocains n’abordent plus les grands tournois avec un complexe d’infériorité face aux grandes nations. La génération actuelle a acquis une expérience significative dans les championnats européens les plus relevés et a développé un esprit de compétition et la capacité de jouer sous pression. Cette transformation, à ses yeux, rend la simple qualification insuffisante. Le véritable défi pour le Maroc est désormais de savoir ce qu’il peut accomplir dans ce tournoi et comment il maintiendra son image d’équipe capable de rivaliser avec les meilleures, et non pas de se reposer uniquement sur leurs faux pas.
Zaki a expliqué que la force du Maroc ne repose pas uniquement sur des individualités, mais sur un système de jeu mature et des mécanismes collectifs bien définis. Même sa précédente déclaration selon laquelle le Maroc pourrait gagner « même sans entraîneur sur le banc » a été sortie de son contexte, car elle ne visait pas à minimiser le rôle du staff technique, mais plutôt à souligner la force de l’organisation et la cohésion de l’équipe. Dans ce contexte, Mohamed Wahbi hérite d’une équipe riche en talent, mais aussi d’une équipe aux attentes extrêmement élevées.
Zaki accorde une importance particulière à la présence de Yassine Bounou dans les buts. Ancien gardien lui-même, il sait qu’une défense solide transforme le style de jeu de toute l’équipe. Il estime également que remporter la prochaine Coupe d’Afrique des Nations au Maroc pourrait constituer une étape cruciale avant la Coupe du Monde, car cela renforcerait la confiance de l’équipe, lui conférerait un statut de champion et obligerait ses adversaires à la respecter davantage.
Lorsqu’il évoque les autres équipes africaines, Zaki place le Sénégal en tête, juste derrière le Maroc. Selon lui, les « Lions de la Teranga » possèdent la stabilité, l’expérience et le potentiel pour aller loin s’ils parviennent à maintenir leur équilibre tactique et à éviter les excès d’impulsivité offensive. Il souligne également que les équipes nord-africaines, comme l’Égypte et la Tunisie, font preuve d’une intelligence particulière dans la gestion des situations de match, un facteur qui pourrait s’avérer décisif dans un tournoi long et complexe.
Cependant, Zaki réfute l’idée simpliste selon laquelle la chaleur donnerait automatiquement un avantage aux équipes africaines. Nombre de joueurs africains sont nés ou ont été formés en Europe, tandis que les équipes européennes disposent de ressources médicales et scientifiques leur permettant de se préparer à toutes les conditions climatiques. Pour lui, l’enjeu est plus profond que le simple climat. L’Afrique possède aujourd’hui un vivier de talents plus important et une représentation plus large, mais elle a besoin de maturité, de discipline et d’infrastructures solides. Quant au Maroc, il a ouvert la voie au Qatar. En 2026, il devra prouver que ce pas en avant n’était pas une anomalie, mais bien le début d’une nouvelle ère.







